Homélie à l’occasion du 3ème Dimanche de Pâques

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3ème Dimanche de Pâques – année A
Dimanche 19 avril 2026
Église ND de l’Annonciation de Cotignac

Chers Frères et Sœurs,

ce 3ème Dimanche de Pâques nous permet de vivre encore et encore de la joie de la résurrection. C’est la joie de toute l’Église, la joie de tous les chrétiens, et la joie de l’humanité entière, pourquoi pas, d’accueillir ce grand mystère de la victoire de Dieu sur la mort, victoire de l’amour sur le péché, victoire de la lumière sur les ténèbres. « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins », dit l’apôtre Pierre dans son discours de la Pentecôte à Jérusalem.

En ces temps troublés pour notre société et pour le monde entier, le Saint-Père parcourt le monde, et ces jours-ci l’Afrique, en rappelant avec vigueur la nécessité de bâtir la paix. Nous ressentons cette aspiration qui jaillit du plus profond du cœur de l’homme : une soif de justice et de fraternité, un désir de paix et de concorde entre tous, une attente d’amour et de dialogue. Nos contemporains voudraient un sauveur qui les libère de l’injustice et vienne éteindre leurs peurs et leurs angoisses. Attente légitime, somme toute. Mais pour quelle satisfaction ? Celle d’un instant ? D’une époque ? Pour quel bonheur et quelle joie ? Comme au temps de la naissance de Jésus : les prophètes l’avaient annoncé, ce Messie qui devait venir, mais les Juifs l’attendaient comme celui qui les libérerait de l’occupant romain et les aiderait à faire la révolution. Et voilà un petit enfant emmailloté et couché dans une mangeoire, dont le seul trône sera la sainte croix. Dieu est présent dans un enfant fragile, vulnérable, pauvre, humble. Il est là aussi comme un bandit crucifié qui meurt en offrant le pardon des péchés. C’est la révolution de la charité ! Voilà le Sauveur que nous attendons et en qui nous croyons. Voilà le Vivant, l’Homme nouveau qui donne au monde sa lumière éternelle par sa résurrection. Voilà le Sauveur que nous avons la mission de faire connaître autour de nous. Les nombreux adultes devenus chrétiens la nuit de Pâques en ont bien pris conscience. Ils témoignent avec force d’une libération extraordinaire qu’ils ont vécue. Jésus les a sauvés. D’où leur joie saisissante et émouvante sur leurs visages. Voilà cette joie qu’il nous faut partager. Comme les disciples d’Emmaüs : pour aller de Jérusalem à Emmaüs, ils étaient tout tristes et trainaient les pieds. Ayant reconnu Jésus quand il rompit le pain, ils retournent à Jérusalem ; et on peut imaginer qu’ils ont couru ! Et qu’il leur fallait partager cette joie avec les autres disciples : « ils racontaient ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ».

La célébration particulière de ce jour vient susciter en nos cœurs une immense joie. Je vais consacrer le nouvel autel de l’église. Ce rite traditionnel mérite que, en plus des remerciements adressés à ceux qui en ont été les artisans, à monsieur le curé et à monsieur le maire qui en ont permis la réalisation, à tous les paroissiens et bienfaiteurs, nous en donnions le sens en quelques mots. Ce n’est en effet pas ordinaire. Trois points :

1/ L’autel est le signe du Christ présent au cœur de son Église. Nous le savons, l’apôtre Pierre nous le dit, l’Église est composée des « pierres vivante »s que nous sommes chacun. Parmi ces pierres, il y a celle de l’autel. Elle est, selon le psaume 117, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée et qui est devenue la pierre d’angle, celle qui soutient tout l’édifice. Nos yeux convergent vers cette table de pierre, et surtout nos cœurs ; c’est le Christ qui nous rassemble autour de Lui. Certes, l’Église nous enseigne que le Christ est présent dans sa Parole, c’est pourquoi nous vénérons le Livre de l’Évangile et on ne proclame pas la Parole de Dieu avec une photocopie en main. Le Christ est présent dans son Eucharistie : le corps et le sang de Jésus que nous vénérons profondément en recevant le pain et le vin consacrés qui sont nourriture et boisson pour la vie éternelle. On ne prend pas l’hostie, on la reçoit avec un grand respect et par un beau geste. Le Christ est présent dans la personne du ministre consacré : l’évêque, sacrement du Christ Pasteur et Docteur, Tête de l’Église, le prêtre configuré au Christ Prêtre éternel qui donne sa vie en offrande, et les diacres configurés au Christ serviteur qui lave les pieds de ses disciples. Le Christ est présent aussi dans son peuple rassemblé, comme aujourd’hui dans cette église de Cotignac. Eh bien, le Christ est présent par cet autel disposé au centre de tout, dans l’espace qu’on appelle « sanctuaire » ou « chœur ». Comme dans le Temple de Jérusalem dans l’ancienne Alliance, c’est le lieu où le prêtre offre le sacrifice. Mais quel sacrifice ?

2/ C’est le deuxième point : Jésus est, selon les paroles de la liturgie dans la préface du 5ème Dimanche de Pâques, à la fois « l’autel, le prêtre et la victime ». Autel, nous l’avons dit à l’instant : l’onction des cinq croix avec le Saint Chrême fait de cette pierre le symbole du Christ, source de vie par ses 5 plaies de crucifié. Prêtre, parce que Jésus est bien celui qui offre le sacrifice pour le pardon des péchés. Victime, parce que Jésus-Prêtre n’offre pas des animaux comme dans l’ancienne Alliance, mais lui-même, en donnant sa vie pour nous. Nous sommes là au cœur du mystère du salut. C’est sur cette pierre que nous déposons le pain et le vin sur lesquels nous invoquons l’action de l’Esprit-Saint qui en fait le corps et le sang du Seigneur. C’est à cette table sainte que nous recevons « le pain de la vie » et « le vin du Royaume éternel ». Et si nous disposons dans cet autel les reliques des martyrs, c’est pour signifier que ceux qui ont donné leur vie pour le Christ l’ont fait comme le Christ, avec Lui, dans un acte d’offrande et de sacrifice pour le salut du monde. Ce fut le cas de saint Sébastien : il choisit courageusement de ne plus vénérer l’empereur dont il était un officier dans sa garde prétorienne, et cela lui valut d’être supplicié comme Jésus et de mourir pour Jésus. Quand nous célébrons l’Eucharistie sur un autel contenant des reliques, nous offrons nous aussi notre vie « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », en communion avec les martyrs, et avec le Christ Sauveur.

3/ Enfin, voilà pourquoi, nous voulons et nous devons marquer le plus grand respect pour l’autel. Si nous savons et comprenons ce qu’il signifie, et pourquoi c’est l’évêque, successeur des apôtres, qui vient le consacrer, le marquer à jamais pour le réserver à un usage sacré, à la célébration des mystères du salut en Jésus-Christ, et réservé à cela seulement, nous aimerons nous incliner profondément devant l’autel. Nous ne le déplacerons pas parce qu’il gênerait pour un concert, nous ne déposerons pas notre étui à lunettes ou d’autres objets qui nous encombrent, même en dehors de la messe, nous ne nous appuierons pas dessus… Ce n’est ni une desserte, ni la vitrine du fleuriste, ni une table roulante, ni un bureau, ni un décor. L’autel, nous le saluons. Comme le livre des Évangiles, les ministres ordonnés le vénèrent d’un baiser (je le ferai pour la première fois au moment de l’offertoire), le célébrant l’encense en signe de respect et pour signifier que c’est de lui que monte notre offrande vers le Seigneur, comme la fumée de l’encens vers le ciel, et que c’est de Lui que se répand dans toute l’Église la bonne odeur de son amour. L’autel, nous l’habillons d’une belle nappe propre et digne, et nous l’illuminons de la sainte lumière du Ressuscité, car nous sommes invités au repas des noces de l’Agneau. Heureux sommes-nous ! « Celui qui mange de ce pain ne mourra jamais ».

Frères et sœurs, que cette célébration extra-ordinaire nous offre la renaissance de notre foi et nous plonge dans cette joie immense d’accueillir au milieu de nous le Seigneur Jésus-Christ ressuscité. Amen.

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