Homélie de Mgr Touvet pour l’Ordination diaconale de Guilhem WEISER et Louis HOULEGATTE

467810568_1345042736897522_2950335674258032265_n

Ordination diaconale
de Guilhem WEISER et Louis HOULEGATTE
Samedi 16 novembre 2024
Basilique de Saint-Maximin

Chers frères et sœurs,
Notre diocèse a la joie d’entourer Guilhem et Louis qui vont être ordonnés diacres. Avec tous leurs frères et amis – au total 13 nouveaux diacres d’ici Noël ! – ils font ce pas en avant pour manifester leur engagement et le don total de leur vie. Ce pas manifeste le pas spirituel et intérieur à acomplir, et c’est un grand pas. Chaque matin, il faudra le renouveler, il faudra choisir de le faire, il faudra l’offrir comme un acte de foi et de charité, il faudra le traduire concrètement dans toutes les occasions données par Dieu au diacre pour qu’il enseigne, accompagne, écoute, bénisse, et serve avec une générosité sans pareille.
Dans sa 3è lettre dont nous venons d’entendre un extrait, saint Jean tente de régler un problème interne à l’Église. Il s’adresse à Gaius dont il a reçu des témoignages de sa charité, il déplore aussi la conduite de Diotréphès (verset 9 et suivants, = la suite du texte qui a été proclamé) qui veut toujours être le premier, se répand en paroles méchantes, n’accueille pas les frères. Ce texte de la liturgie de ce jour vous est donné, Guilhem et Louis, comme une exhortation vigoureuse à donner à ce pas en avant le goût de la vérité. Le diacre est bien celui qui, comme Jésus, et avec sa grâce reçue dans le sacrement de l’Ordre, s’abaisse et se fait le serviteur de tous. Nous contemplons le petit enfant de la crèche, le Fils qui prie le Père, le Maître qui lave les pieds de ses disciples, le Seigneur condamné à mort, le Messie crucifié, le Roi glorieux. Par le ministère diaconal, le Seigneur continue sa mission de miséricorde et de bonté, Jésus demeure présent auprès des plus petits et des plus fragiles, l’amour infini de Dieu devient une réalité tangible et accessible. Avec Jésus et comme Jésus, vous faites ce pas que nous avons observé il y a quelques instants, ce pas qui nous dit ce qui habite vos cœurs, ce pas qui traduit de façon visible le oui que vous dites au Seigneur en réponse à son appel.
Guilhem et Louis, Le pas que vous faites aujourd’hui est à la fois un renoncement, un engagement et un service.
Il est un renoncement parce que vous choisissez de quitter père, mère, frère, sœur, et une une terre – celle de vos racines – pour servir l’Église de Fréjus-Toulon comme collaborateur de vos évêques, serviteurs de la charité et plus tard si Dieu le veut, prêtre et pasteur du troupeau qui vous sera confié. Tout choix comporte un renoncement, et vous le vivez aujourd’hui même. Vous ne tirez pas un trait sur votre vie de famille – que vos parents et frères et sœurs soient rassurés – mais vous choisissez de tout donner pour Jésus, pour son Eglise, avant même de vous attarder à vivre les liens d’affection et les attaches humaines pourtant légitimes. Au début de la messe, vous étiez assis près de vos parents dans l’assemblée, et vous serez bientôt dans le chœur, auprès de l’évêque à l’autel, revêtu des ornements liturgiques. Vous avez fait le pas. Jésus nous le dit dans l’Évangile : pour être son disciple, il nous faut renoncer à nous-même, prendre notre croix et le suivre. Pas comme Diotréphès qui veut être le premier – vous vous souvenez – mais comme Gaius qui sert ses frères en vérité. Ce choix, vous y avez été préparés dans la vie quotidienne en famille – et nous exprimons à vos parents toute notre gratitude pour ce qu’is vous ont donné et montré comme exemple depuis votre enfance – au séminaire, et dans vos activités scoutes pour Louis, et caritatives à Pignans pour Guilhem . L’ordination diaconale est le pas décisif que l’on fait sans regarder en arrière. Un scout regarde en avant, n’est-ce pas ! Un routier scout qui n’a pas tout donné n’est bon à rien, n’est-ce pas Louis, cher frère routier-scout !
Le pas en avant est aussi un engagement. Vous venez de sifgnifier très concrètement votre volonté ferme, votre promesse en quelque sorte, de servir Dieu en toute chose en lui offrant toute votre vie, en gardant le célibat consacré. Ainsi vous manifestez que le Seigneur a comblé votre cœur de son amour, et que vous donnez votre être, votre temps, vos forces pour lui permettre de se révéler aux hommes et femmes que vous servirez. Le célibat, si contesté ou remis en question de nos jours – souvent d’ailleurs par des personnes qui ne sont pas forcément exemplaires en la matière ! – ce célibat est un signe formidable que l’Église conserve pour que l’amour de Dieu soit manifesté. Au cœur d’un monde et de relations humaines marqués par l’indifférence, le relativisme, l’individualisme, il est bon de voir des hommes qui s’engagent résolument à ne pas être « escalves de leurs caprices, des modes, des erreurs du jour mais à garder une âme de pauvre » (cf Départ Routier). Il est bon de les voir tenir leur engagement qui n’est pas celui d’un seul jour de fête, mais de tous les instants de la vie, y compris quand le ministère pèsera lourdement, procurera fatigue ou découragement, et vous ne serez pas épargnés. Un homme qui se lève et s’engage envoie un message de liberté, de volonté. Il suscite un sursaut aux personnalités anesthésiées, au tempéraments nonchalants et peu volontaires. Aux scouts, on promet de servir « de son [mon] mieux avec la grâce de Dieu ». L’engagement que vous prenez aujourd’hui et qui mérite de notre part un infini respect et nous demande un large soutien par l’amitié et la prière, cet engagement n’est possible que parce que le Seigneur vous en donne la force. Avec sa grâce, vous direz à tous ceux vers lesquels vous serez envoyés que Dieu les aime infiniment, que sa miséricorde leur est offerte, que sa volonté est un chemin de vie et de joie.
Enfin, ce pas en avant est déjà un service. En vous regardant il y a quelques minutes, figuez-vous que chacun a voulu se lever et se mettre en route. En tout cas, chacun s’est interrogé un instant : ma vie est-elle faite de tels pas en avant, plutôt que d’être une marche arrière ou un arrêt de longue durée sur le bord de la route ? Vous allez entrainer derrière vous par l’exemple, par le rayonnement de votre foi, par votre joie communicative, par votre attention à tous, par vos actes ministériels et sacramentels, par vos enseignements, par votre vie de prière, par votre participation à la sainte Eucharistie et l’adoration. En vous effaçant et en laissant la place à Jésus, en cherchant à vous faire petits et humbles, en vivant l’obéissance envers votre évêque, en aimant l’Église notre Mère, en priant fidèlement la Liturgie des Heures, en scrutant les Ecritures, mais aussi en ne comptant pas vos jours de congé et en évitant les horaires d’un guichet, vous allez servir comme Jésus, notre serviteur. Le monde a soif de cette bonté incarnée, de cette proximité pour comprendre que Dieu est là. C’est votre mission désormais. Le pape François nous le dit dans sa dernière encyclique sur le Cœur de Jésus : « Le Christ n’a pas voulu nous expliquer son amour pour nous, mais il l’a manifesté par ses gestes […] La tendresse de Dieu ne nous aime pas avec des mots. Il s’approche de nous, et proche de nous, il nous donne son amour avec toute la tendresse possible » (DN §33 et 36)
Alors, « le Fils de l’homme, quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Ou … si le diacre reste en tenue de service, s’il prie sans se décourager. C’est ce que Jésus veut expliquer par cette parabole de la veuve qui, à force d’insister auprès du juge « dépourvu de justice » va obtenir justice contre son adversaire. Ce juge ne répond que pour ne plus subir les assauts répétés de cette femme. Combien plus le cœur de Dieu se laisse toucher par ceux qui se tournent vers lui ! Combien plus le Seigneur est bon pour ceux qui crient vers lui ! Pourvu seulement que la foi demeure et les conduisent à supplier comme Bartimée et tant d’autres. Guilhem et Louis, comme diacres, par le pas en avant de chaque matin, de chaque service, de chaque mission, vous allez veiller sur toutes ces flammes de foi souvent chancelantes, sur toutes ces lampes qui manquent d’huile, vous allez remettre debout les paralysés, réconforter les accablés, guider les aveugles, faire entendre la parole de Dieu aux sourds, vous allez ouvrir des chemins d’espérance. Alors, oui, le Seigneur, quand il viendra, trouvera la foi sur la terre. Que le Seigneur qui « s’offre à vous comme la Route vivante toute irradiée de la lumière d’en-haut » (prière des routiers), vous bénisse et vous garde ! Nous rendons grâce pour votre pas en avant et nous prions pour vous.
Amen.
_DSC5040

Mgr Touvet sur Journée de mémoire et de prière pour les victimes de violences dans l’Eglise – En toute bonne foi

472792983_1380345793367216_6345450446283139437_n

Homélie de Mgr Touvet pour l’ouverture diocésaine de l’Année Sainte

mgr-francois-touvet (17)

Mgr François Touvet, évêque de fréjus-Toulon

(NEWSLETTER) Les pas de l'eveque (1920 x 1080 px) (9)

Homélie de Mgr Touvet pour l’ordination diaconale de Joseph TRAN