HomĂ©lie Ă  l’occasion de l’ordination diaconale des frères Lymard et AimĂ©a

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Ordination diaconale des frères Lymard et Aimé
Communauté Mère du Divin Amour
7 février 2026
Église de Trans-en-Provence

Chers frères et sœurs,

Le diocèse de Fréjus-Toulon et la paroisse de Trans en Provence s’associent à la joie de la communauté Mère du Divin Amour, et tout spécialement de son institut religieux masculin, à l’occasion de l’ordination diaconale de deux frères qui poursuivent leur formation au séminaire de La Castille. Aujourd’hui, je vais imposer les mains à nos deux frères, ayant reçu les lettres dimissoriales de mon frère archevêque d’Abidjan, Son Éminence le Cardinal Dogbo Ignace BESSI, que je remercie de sa confiance. Notre diocèse se réjouit de la présence de la communauté. C’est pourquoi il s’est beaucoup investi, dans tous les sens du terme, pour la formation de ces deux religieux. C’est l’Église universelle, manifestée par cette assemblée mixte, ivoirienne et française, qui en bénéficie. Au cours des quelques années que vous donnerez au diocèse de Fréjus-Toulon, vous manifesterez la dimension missionnaire à laquelle nous sommes tous très attachés, et qui se produit dans le sens inverse des siècles passés. L’Église est belle ! Le Seigneur est bon !

Lymard et Aimé, il vous donne un programme très clair : vous serez des diacres ayant le goût du sel et l’éclat de la lumière. N’est-ce pas ? Le prophète Isaïe et l’apôtre Paul vous tracent les grandes lignes de ce ministère que vous recevez et que vous vivrez jusqu’à votre dernier souffle. Tout disciple du Seigneur est appelé à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde ». Le baptisé a pour vocation de donner du goût à la vie, le goût de la tendresse divine et de sa miséricorde infinie. Le baptisé ne peut être fade comme tous ceux qui se laissent habiter et dominer par l’esprit du monde. S’il est fade, il ne suscite aucun élan vers Jésus, aucune joie, aucune espérance. Mais s’il a le goût de la vie éternelle comme le sel qui relève la saveur des aliments, alors il ouvre la voie à la rencontre du Seigneur. Le disciple est devenu aussi « lumière du monde » le jour où il a été illuminé par le Christ ressuscité. C’est une des grâces du baptême. Il a pour vocation d’éclairer la Route de ceux qui marchent dans les ténèbres afin de les mener vers Celui qui est la vraie lumière… vous savez, cette « vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde », comme le dit saint Jean dans le prologue de son Évangile (Jn 1). Pour éclairer, il faut être vraiment une lumière, et cette lumière « on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison », pas une loupiotte de rien du tout ou une lampe qu’on mettrait « sous le boisseau ». Mais il ne faut pas non plus éblouir et chercher à en mettre plein la vue. Non, une douce lumière qui attire et réchauffe, qui fait naître la confiance et nourrit l’espérance au cœur de la nuit.

Le diacre est configuré pour cela au Christ serviteur, le « Messie crucifié » dont saint Paul nous dit qu’il n’a voulu rien connaître d’autre. Lymard et Aimé, en devenant diacres, il ne s’agit pas aujourd’hui de mettre de côté votre vocation baptismale, de ne plus saler votre vie ni d’éteindre la lumière. Au contraire, en vous donnant totalement comme Jésus qui s’est abaissé et s’est fait le serviteur de tous, vous allez d’une façon toute particulière faire resplendir sa lumière et donner le goût de la vie avec Lui. Comment ? « Ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi » dit le prophète Isaïe. « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable ». La grâce de l’ordination vous rend capable de cela à un degré encore jamais atteint. Votre insertion paroissiale, les stages effectués comme séminaristes vous ont déjà appris à offrir le sel et la lumière de la vie divine. L’Église compte sur vous pour aller encore plus loin, et le Seigneur vous en donne la force : « C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je me suis présenté à vous – dit saint-Paul – Mon langage, ma proclamation de l’Évangile n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient ».

Dans la liturgie, vous proclamerez le Saint Évangile, et vous serez amenés à prêcher. Dans la vie quotidienne, vous proclamerez l’Évangile et vous convaincrez par vos actes, par votre comportement, par votre esprit de service. Pas de paroles de persuasion, mais des actes concrets. Vous toucherez le cœur des gens par votre bonté, votre bienveillance, votre générosité : « Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que, toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi »(Is).
Dans la liturgie, vous allez revêtir l’étole en sautoir et la dalmatique. Dans la vie quotidienne, vous enfilerez la tenue du service, comme Jésus avait pris le tablier pour laver les pieds de ses disciples. Vous serez reconnaissables à cette tunique du « Messie crucifié » qui habillera votre cœur de serviteur. Et cet abaissement sera vécu aussi dans l’obéissance religieuse envers votre supérieur, et aussi envers votre évêque, celui de Fréjus-Toulon pendant 5 ans, puis tout évêque sous la responsabilité duquel vous exercerez votre ministère. En mettant vos mains dans les miennes, vous manifesterez concrètement cet engagement à imiter le Christ Jésus qui renonça à sa volonté propre pour faire la volonté du Père. Ne craignez pas de vous avancer « craintif et tout tremblant », sans le « prestige du langage ou de la sagesse ». Votre ordination vous rappelle, comme elle le rappelle à tous les diacres et prêtres présents, et aussi à l’évêque, que le Seigneur choisit ce qu’il y a de faible et de fou dans le monde pour accomplir son œuvre : « parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, […] ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est » (1 Co 1, 27-28).

Après la liturgie de l’ordination au cours de laquelle vous recevrez de Dieu par l’Église tout ce dont vous avez besoin pour le ministère diaconal, nous entrerons dans la liturgie de l’eucharistie. C’est là, quotidiennement, que vous trouverez la force de vivre ce à quoi vous vous engagez aujourd’hui. Le dialogue rituel que nous allons entreprendre le dit fort bien : « voulez-vous conformer toute votre vie à l’exemple du Christ dont vous prendrez sur l’autel le corps et le sang pour le distribuer aux fidèles ? Oui, je le veux, avec la grâce de Dieu ! ».

Ensemble, que nous soyons évêque, prêtre, diacre, consacré, marie, confirmé, baptisé, présentons-nous au Seigneur avec le pain et le vin à l’autel pour qu’il fasse de nos vies le lieu de sa présence. Comme le disait saint Augustin, nous allons devenir ce que nous recevons, le Corps du Christ. Parmi tous les membres de ce corps, les diacres sont des membres nécessaires qui donnent tout le sel du service et toute la lumière de la charité du Christ.

Préservons dans nos vies la saveur du sel évangélique et gardons précieusement allumée la lumière du Christ ressuscité.

Amen.

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