Homélie de Mgr Touvet – Ordination diaconale de Davide

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ORDINATION DIACONALE de Davide ASPRINI
Dimanche 5 mai 2024
Église ND du Bon Voyage – La Seyne sur Mer
Chers frères et sœurs,
Notre Diocèse est dans la joie de vivre une nouvelle ordination diaconale. Nous avons à cœur de chanter avec ardeur ces versets du psaume 97 : « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ! ». Le Christ Jésus est ressuscité des morts. Nous célébrons ce grand mystère aujourd’hui Dimanche, comme chaque Dimanche de l’année. C’est le Jour du Seigneur, et notre priorité est d’être là dans l’assemblée avec nos frères et sœurs baptisés pour acclamer le Christ. Quand, en plus, l’Église nous donne la joie d’accompagner un frère qui fait un pas en avant en se donnant tout entier pour la Mission, qui reçoit le ministère diaconal par l’imposition des mains, nous ne pouvons que partager cette joie immense. Dieu est présent au milieu de nous et nous éclaire. Il nous offre le salut.
Regardons bien cette rencontre étonnante de Pierre avec le centurion Corneille, relatée par le livre des Actes des Apôtres. Corneille a entendu l’ange l’inviter à aller chercher Pierre pour que chacun puisse l’entendre prêcher l’Évangile, parler de Jésus. A l’arrivée de Pierre, Corneille se prosterne devant lui, et Pierre le fait se relever en disant : « je ne suis qu’un homme ». Autrement dit, je ne mérite rien, je ne suis qu’un serviteur. On peut noter le respect profond de Corneille pour cet homme de Dieu qui parle et témoigne courageusement de ce qui s’est passé à Jérusalem. Et on doit remarquer aussi l’humilité et le réalisme de Pierre qui refuse d’être pris pour celui dont il témoigne et au nom duquel il a remis debout le pauvre de la Belle Porte. Pierre n’est pas Jésus.
En célébrant l’ordination diaconale de Davide aujourd’hui, nous voici devant cette tension : à la fois nous sommes venus entourer Davide, le soutenir et l’encourager, prier pour lui, et le féliciter pour sa générosité. Et en même temps, nous savons que Davide n’est pas et ne doit pas se prendre pour Jésus dont il devient le ministre. Il va prêter sa voix pour que Jésus parle, ses mains pour que Jésus serve, son cœur pour que Jésus aime. Tous nous sommes invités à regarder l’œuvre de Dieu, le mystère du salut qui s’accomplit, mais pas d’abord l’homme par laquelle cette œuvre se donne à voir. Nos cœurs contemplent l’action même de Dieu, qui mystérieusement offre, par des médiations humaines bien fragiles comme Davide et tous les diacres, prêtres et évêques, le trésor de sa charité éternelle et infinie. Le nouveau diacre n’ajoute rien à la charité de Dieu. Il est un de plus, parmi ces médiations humaines, à être là pour vivre d’abord, et témoigner ensuite de l’amour du Seigneur pour tous, en priorité pour les plus petits et les plus fragiles.
Dans cadre du Chemin néocatéchuménal, Davide, vous avez fait l’expérience d’une rencontre avec Jésus qui a bouleversé votre vie. Vous parcourez ce chemin de la vie chrétienne au rythme des étapes de l’initiation chrétienne, vous rappelez à chaque baptisé qu’il n’est jamais arrivé au but mais que le Seigneur continue de le modeler chaque jour pour le conduire vers la pleine ressemblance avec lui. C’est un chemin de croissance spirituelle pour chacun, et un chemin de croissance pour toute l’Église. En proclamant le cœur de la foi, le kérygme, vous permettez à ceux qui cherchent de découvrir combien Dieu est bon. Parcourir ce chemin apprend à se regarder soi-même avec vérité, sans prétention ni vaine gloire. Aujourd’hui, en vous avançant au cœur de l’assemblée pour recevoir l’imposition des mains, vous vous faites tout petit, et vous vivrez la prostration sur le sol de l’église pour accueillir humblement le don de Dieu. Vous n’êtes qu’un homme, comme Pierre, et vous le resterez. Vous n’échapperez pas aux épreuves de la vie, et il y a les épreuves propres à celui qui se donne à Dieu, à celui qui choisit le célibat, à celui qui doit prêcher l’Évangile à temps et à contre-temps, à celui qui est invité à être le Bon Samaritain à chaque instant de sa vie. Et pourtant, Dieu fera des merveilles à travers vous, par votre ministère de diacre, puis de prêtre si telle est sa volonté.
Pour ne pas « prendre la grosse tête », il faut se plonger dans l’enseignement de Jésus entendu dans le chapitre 15 de l’Évangile selon saint Jean. Un commandement nous est donné par Jésus. Pas un choix, une option, une possibilité parmi d’autres, mais un commandement à mettre en pratique. Voilà le chemin sur lequel il nous fait marcher : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La charité ! Le diacre est serviteur de la charité. Pas seulement en veillant à ce que les pauvres reçoivent nourriture, vêtement, logement, pas seulement en participant à l’accueil de tous, mais aussi en aimant comme Jésus aime. Ça se voit de toute façon ! Celui qui aime, celui qui est plein de bonté, qui ne s’enferme pas dans une posture cléricale, mais demeure un homme bon, bienveillant, plein de miséricorde, ça se voit ! Ce qui n’empêche pas bien sûr la vérité et l’exigence.
Pour vivre cela, Davide, vous répondez à un appel du Seigneur : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi », ce n’est pas une carrière professionnelle, un choix personnel. C’est une vocation, un appel irrésistible. On peut se demander : « pourquoi moi ? » Quand Dieu choisit et appelle, il donne sa grâce pour répondre à l’appel et donner sa vie. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Pour aimer, pas besoin de publicité ou de notoriété, cela abimerait tout et viendrait anéantir le bel élan d’un cœur généreux. Non, il s’agit d’un amour gratuit qui se donne dans la pauvreté, comme Jésus sur la croix dans le dénuement le plus extrême. Toute sa vie, le diacre donne au visage du Christ des traits, aux mains du Christ une force active et transformante, à la voix du Christ un écho de la miséricorde. Vous tous, diacres et prêtres, fuyez les compliments, méfiez-vous quand tout le monde vous trouve extraordinaire, quand tout le monde est d’accord avec vous, ou quand les paroissiens s’opposent à votre changement de mission. Le risque alors, c’est de vouloir garder sa vie, de travailler pour soi, de monter sa petite affaire, de se faire passer pour quelqu’un d’irremplaçable. Non, à ce moment-là, reprenez ces paroles de Jésus qui ne nous invite pas à nous mettre en avant mais en arrière, pas en-haut mais en bas, en aimant tout simplement. Aimer pour conduire à Jésus, aimer pour laisser Jésus aimer à travers nous et révéler son visage. Aimer comme Jésus en donnant tout comme Jésus. « Demeurez dans mon amour ».
Chers amis, Davide devient diacre aujourd’hui ; il aura compris que le diacre doit se faire le serviteur, l’esclave, comme Jésus, pour permettre à Jésus de grandir dans le cœur des incroyants et des croyants. Pour vivre cela, pas de secret : demeurer en Jésus. Chacun et chacune d’entre nous, voilà qui est à notre portée : demeurer en Jésus, être avec Jésus, vivre avec Jésus, laisser Jésus vivre en nous. Notre vie de prière y aidera, comme aussi notre écoute attentive de la parole de Dieu, et encore notre participation à la sainte Eucharistie. Là Jésus se donne. Le diacre sert l’évêque à l’autel pour rendre visible, efficace et fécond l’offrande du Seigneur pour le salut du monde. Le diacre sert à la charité à chaque instant dans la vie de tous les jours où, là aussi, il prêche, il distribue les dons de Dieu, il rassemble dans la paix et l’unité.
Nous fêtons dans la joie la résurrection du Sauveur. Nous fêtons avec la même joie l’ordination de Davide qui est constitué ministre de la liturgie, de la Parole et de la charité.
Accueillons le don de l’Esprit qui descend sur tous ceux qui écoutent la Parole.
Amen.
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